C'était un soir, comme tous les autres, un soir d'engueulade, de rage, de larmes, de méchanceté témoignant tellement de notre amour. Je t'aime, je te hais. Oui, on s'engueulait encore avec la conviction que de toute façon, l''autre est à nous, il reviendra. Inséparables n'est-ce pas ? Sans moi il n'était rien, sans lui je n'étais rien. On le savait bien tous les deux que cette chose entre nous était unique. On le savait, combien de fois je l'ai entendu dire " si c'est pas toi, c'est personne " , et lui répondre la même chose. C'était ça qui nous faisait supporter nos disputes, sans l'autre, l'un ne serait plus. La peur d'être seul aussi peut-être, et de perdre ce que si peu de gens réussissent à trouver. La passion ? Il me complétait si bien, je crois finalement qu'avec lui je pouvais être entière, tantôt gentille et amoureuse, blottie dans ses bras, lui laissant ma fragilité, tantôt mon côté sombre, Mr Hyde, celle qui a envie de tuer, de crier, cracher. Parce qu'il n'y avait que lui qui pouvait voir mes deux facettes. Il me connaissait si bien, les moindres recoins de mon esprit et de mon corps, il les avait exploré. Mentir ? Impossible.
Mais ce soir-là, ça avait été plus loin que d'habitude, l'hiver, la fatigue tout ça, tout ce qui fait qu'on craque plus vite. Il était parti, avait pris ses affaires, n'était pas rentré la nuit. Ni le lendemain. Ni le surlendemain. Mais sans moi il ne pouvait pas vivre.